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Vous avez dit "démocratie participative" ? L’Homme ou le citoyen, il faut choisir... - 30 mars 2017

Je reprends le titre d’un précédent point de vue, signe sans doute que je ne vois pas les choses évoluer comme d’aucuns pourraient le souhaiter. D’une certaine manière ce nouveau point de vue fait suite à un précédent (Loi NOTRE - débat avec Marylise Lebranchu : Les petits pas de la démocratie participative - mai 2015).

Vendredi 24 mars le Forum Citoyen organisait avec la nouvelle communauté de communes une soirée sur ce thème. Il n’y avait pas grand monde, semble-t-il . Je souhaitais y participer mais j’avoue que je n’y étais pas non plus, étant dans le train de retour du Mans pour des raisons professionnelles. Sans doute aurais-je répété mon refrain sur la difficulté que l’on constate de manière récurrente à mobiliser les citoyens et qui apparait se renforcer au cours du temps ; venant contredire ce bel idéal de la démocratie participative. Mais on le verra à la fin mon scepticisme politique qui s’est renforcé au cours de ces dernières années, ouvre sur des perspectives qui nous replongent dans les élans éducatifs de Jean Jacques Rousseau...

Pour repartir du constat de faible affluence des citoyens le 24 mars qui a laissé Alain notre courageux président entre tristesse et colère, en tout cas déçu sans doute, les raisons sont multiples et la manière dont la démocratie est animée globalement par les gouvernants et la majorité des élus n’y est pas pour rien. Faut-il encore rappeler justement que sur la question même de la fusion des collectivités territoriales que cela soit au niveau des régions et au niveau des communautés de communes, la manière dont les choses ont été décidées et mises en oeuvre par le pouvoir en place, y compris jusque dans le mépris de la volonté des élus locaux opposés parfois à des regroupements autoritaires orchestrés par les préfets ; n’a pas été un modèle de démocratie participative ! Alors faut-il s’étonner que sur une question "démocratie participative" et nouvelle communauté de communes , les habitants-citoyens ne se sentent pas (plus ?) concernés, n’ayant pas vraiment été écoutés en amont...Ne dit-on pas qu’on récolte ce que l’on sème ?

Mon propos dans ce point de vue vise cependant à dépasser le niveau local où s’exprime plus volontiers habituellement cette démocratie participative. On peut s’inquiéter en effet des désordres qui s’amplifient dans le fonctionnement démocratique représentatif, à la lumière des non-débats de la campagne présidentielle, marquée par les affaires d’ élus-candidats soupçonnés de népotisme, de détournement de fonds, d’immoralité la plus funeste pour l’image de la politique et des politiques.

En effet entre ceux qui par déception de la politique actuelle voteront pour le miroir aux allouettes du Front National, ceux qui s’abstiendront par désillusion et désespérance au regard des affaires qui font l’actualité, ceux qui ne savent plus pour qui voter, déboussolés par les mensonges et la trahison des paroles données et qui invalident le discours politique globalement ; celui (pour ne pas penser celle) qui sera élu, ne le sera qu’avec une petite minorité de voix. Bien sûr notre mode de scrutin de la Vème République viendra masquer cette défaillance majeure d’un régime qui continue à prétendre au titre de Démocratie. Faisons une simple hypothèse : On pourra même toujours mettre en avant que le président (Macron si l’on suit de manière logique - mais la logique peut être trompeuse...) a été élu avec les 2/3 des voix au second tour... mais qui sera dupe ? Entre les abstentionnistes (qui ont toujours tord... !?) et les bulletins blancs (qui ne comptent pas... "ô Démocratie" !) : 2/3 de 2/3 = 4/9 . Ce n’est pas la moitié des électeurs cela et cela ne fait pas une majorité. Alors comment gouverner ? sinon que par le déni permanent de la démocratie participative !

Sans doute est-il temps de passer à une VIème République, la Vème est belle et bien usée et sa pratique n’a plus grand chose à voir avec la démocratie, sinon à un niveau formel. Le constat n’est pas nouveau (Marx le faisait déjà en son temps, et il a toujours raison) mais il devient une évidence pour un grand nombre de citoyens (peut être pas de manière conceptuelle, mais de manière tout à fait pratique au travers de la désillusion jusqu’à l’écoeurement. La nausée sartrienne, d’un monde politique devenu absurde.)

Force est cependant de constater aussi que ceux qui défendent cette belle idée (on aura reconnu en tout premier lieu Mélanchon, mais aussi Benoit Hamon) n’ont pas réussi non plus à s’accorder pour que l’espoir d’une réelle (r)évolution politique puisse se réaliser. Pas plus en amont de la campagne que maintenant que le candidat socialiste entame sa traversée du désert de l’histoire, au fil des retournements des cadres du parti, faisant fi eux aussi des engagements, des paroles données, des règles du parti au prétexte (peu trompeur lui in fine) d’une sorte de clause de sauvegarde républicaine (personnelles sans doute). Pour revenir à Mélanchon et Hamon... Question d’égo ? peur des jeux et tractations politiques d’appareils ? Considérations somme toute un peu contradictoires avec la volonté affichée d’un changement de régime renvoyant aux oubliettes de l’histoire d’avant les Lumières, notre monarchisme présidentiel !

Quant aux autres candidats ? qui les voit ? qui les entend ? notre système médiatique les ayant relayé dans les seconds rôles tout juste bon à parcourir les coulisses de l’audience des plateaux TV...Autant voter blanc... mais c’est vrai cela ne compte pas...cela ne fait pas partie du jeu démocratique ? un jeu virtuel pour des enjeux qui ne le sont pas...

Mais j’y viens il faut sans doute penser au-delà du vote blanc et de manière plus positive et rappeler le constat que Jean Jacques Rousseau faisait déjà en son temps en présentant son livre "L’Emile ou de l’éducation", l’année même où il publiait aussi "Le contrat social". En proposant un modèle d’éducation pour les nouvelles générations (symbolisé par l’Emile et Sophie) Rousseau visait à former un homme neuf tournant le dos à son siècle qu’il jugeait avec sévérité, pensant qu’il ne pouvait sans doute pas former un citoyen. Affirmant qu’il fallait choisir former l’homme ou former le citoyen, Rousseau avait fait son choix avec l’Emile : former l’homme.
Je pense avec Rousseau qu’aujourd’hui ce projet est toujours, plus que jamais d’actualité. Voici un chemin d’espérance et je le fais mien aujourd’hui en faisant le choix de voter blanc, mais surtout de travailler à la véritable éducation de l’esprit et de la raison via la philosophie et la méditation les jeunes enfants (dans le cadre du projet SEVE - Savoir Etre et Vivre Ensemble fondé par Frédéric Lenoir ) mais aussi les adultes (Café Philo du Mix Café de Tressignaux). Appel aux hommes de bonne volonté...


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